Communication scientifique : Comment réconcilier théorie et pratique
La 6e Conférence du réseau Communication au public en science et technologie se tiendra au CERN du 1er au 3 février 2001. Des scientifiques et des professionnels de la communication analyseront le nec plus ultra de la communication scientifique et la nouvelle perception de la science par le public dans les médias, des journaux au web.La communication pourra-t-elle combler le fossé qui sépare la science et la société ? Quel est l'impact de la communication scientifique sur le public ? Comment les nouveaux moyens de communication changent-ils la manière dont la science est perçue par le grand public ?
Ces questions et d'autres sujets intéressants seront traités lors de la 6e Rencontre sur la communication au public en science et technologie (PCST), qui se déroulera au CERN du 1er au 3 février 2001. Plus de 250 personnes du monde entier sont attendues à cette conférence, qui sera un important lieu de rencontre pour les professionnels de la communication traitant des aspects sociaux, politiques, techniques et culturels de la communication en science et en technologie.
Dessin réalisé par Georges Boixader d'après Gary Larsson.
Ce que les scientifiques disent au public :
«Tu vois Shelly, les orbifolds apparaissent dans la théorie du Monstre. Le module Moon Shine peut être considéré comme un orbifold toroïdal du réseau de Leech. Bien entendu Shelly, toute la physique connue apparaît...»
Ce que le public entend :
«Blablabla, Shelly, bla bla bla ....»
La conférence est organisée sous l'égide du réseau PCST (voir encadré), une organisation internationale informelle de personnes intéressées par tous les aspects de la relation entre la science et le public.
| L'International Network on Public Communication of Science and Technology (PCST - Réseau international sur la communication au public en science et technologie) est né en 1989 après la première Rencontre internationale sur la communication scientifique publique organisée à Poitiers. A la suite de cette conférence, les 130 participants de 14 pays ont décidé de se réunir à nouveau pour débattre du besoin croissant du public en matière d'informations scientifiques et techniques. Il s'agissait aussi de discuter de tous les problèmes et développements de la communication scientifique. |
L'objectif principal de cette conférence est de « combler le fossé entre la théorie et la pratique » afin de mettre en évidence l'effet de la communication scientifique sur le public.
Tous les thèmes choisis pour les sessions plénières du programme ainsi que pour les ateliers de l'après-midi reflètent le besoin d'enrichissement mutuel entre la théorie et la pratique en communication scientifique, et l'impact de l'une sur l'autre.
Les aspects sociologiques et politiques de la communication scientifique seront traités de différents points de vue, dont celui d'André Giordan (Laboratoire de Didactique et Epistémologie des Sciences de l'Université de Genève), qui s'exprimera sur la communication et les communautés scientifiques, et de David Dickson, (« Nature », Royaume-Uni), qui évoquera l'impact de la presse scientifique sur l'opinion publique.
Une attention particulière sera accordée à la recherche et à la pratique dans les musées des sciences : le succès des musées et des centres scientifiques sera évalué et leurs effets sur le public analysé. La discussion sera enrichie par la participation de Hans Peter Peters du Deutsches Museum de Munich, et de Walter Staveloz, qui s'exprimera sur l'ECSITE, le réseau international des musées et des centres scientifiques.
Autre grand thème du programme : les nouveaux moyens de communication de la science. Et quel meilleur endroit que le CERN, berceau du WWW, pour en parler ? Organiser l'une des conférences PCST dans l'un des plus grands laboratoires scientifiques du monde illustre également la nécessité d'intégrer les scientifiques dans le processus de communication. PCST 2001 offrira par ailleurs à la communauté des chercheurs du CERN la possibilité d'échanger des idées sur la communication scientifique avec des spécialistes du domaine. La présentation de Bernard Schiele (Université de Québec, Montréal) aura pour thème « Des centres scientifiques aux écoles virtuelles » et Pierre Fayard (Université de Poitiers et membre du comité scientifique du réseau PCST) présentera la science en ligne comme une nouvelle frontière dans le monde de la communication scientifique.
Tous les membres du CERN intéressés sont invités à assister aux sessions plénières (le matin seulement, de 9 h à 12 h 30) qui auront lieu dans l'amphithéâtre principal du Laboratoire, ainsi qu'aux manifestations publiques. Il n'est pas nécessaire de s'inscrire. L'accès aux ateliers de l'après-midi est payant et limité aux participants inscrits.
Pour plus d'informations et pour obtenir une version actualisée du programme, veuillez consulter le site de la conférence :
| Le débat public intitulé « Que fait la science pour la société ? » se tiendra vendredi 2 février à 20 h dans la salle Arditi-Wilsdorf, 1, avenue du Mail à Genève. Charles Kleiber, ministre suisse de la science et de la recherche, Mariano Gago, ministre portugais de la recherche, Catherine Cesarsky, directrice générale de l'ESO (Observatoire austral européen), Alain Vaissade, maire de Genève et Robert Cailliau, co-inventeur du WWW, participeront à la discussion. L'événement est parrainé par la Ville de Genève, l'Etat de Genève, Euroscience Léman et la Fondation pour Genève. Des manifestations publiques auront également lieu le samedi après-midi au Restaurant 1, bâtiment 501, côté cafétaria, à 14 h, « Science au Pub », une représentation australienne spéciale mêlant science et bière australienne - servie au public - et à 15 h 30, le Cabaret Pasteur, un échantillon de divertissement à la française avec une touche scientifique. |
