Stephen Hawking attire les foules au CERN

Pendant la semaine qu'il a passée au CERN, Stephen Hawking a donné une conférence exceptionnelle qui a rempli six amphithéâtres.


Stephen Hawking lors de sa visite de l'expérience ATLAS.

Stephen Hawking, titulaire de la chaire lucasienne à l'Université de Cambridge, a rendu visite à l'unité Théorie du Département de physique du 24 septembre au 1er octobre 2006. Cette visite a été l'occasion de deux conférences dans l'amphithéâtre principal, d'abord pour un séminaire théorique, auquel ont participé quelque 120 spécialistes, puis pour une conférence publique intitulée «La naissance de l'Univers». Dans les deux cas, cette grande figure de la physique théorique était attendue par des auditeurs enthousiastes.

Ceux qui voulaient assister à la conférence publique ont dû arriver bien à l'avance et s'armer de patience. Une heure avant le début de la conférence, l'amphithéâtre de 400 places était déjà plein. La conférence, diffusée en direct dans cinq autres amphithéâtres a été suivie par environ 850 personnes.


Stephen Hawking a attiré les foules du CERN, remplissant six amphithéâtres.

Quand, enfin, le professeur Hawking est entré dans la salle, il a interrompu le déchaînement des flashs de sa célèbre voix synthétique: «Pas de flashs!» En effet, les flashs des photographes interfèrent avec le système de communication par ordinateur qu'utilise Stephen Hawking: un dispositif fixé à ses lunettes projette un rayon infrarouge sur sa joue droite, et les mouvements des muscles de sa joue lui permettent de choisir des mots dans une base de données informatique et de constituer ainsi des phrases. Le message ainsi élaboré est transmis au synthétiseur vocal.

Au cours de la conférence, Stephen Hawking a d'abord effectué un retour dans le passé évoquant les réponses que les philosophes de l'Antiquité cherchaient à donner aux questions fondamentales: pourquoi sommes-nous là? D'où venons-nous? Il a ensuite exposé la théorie de l'Univers stationnaire, proposée en 1948, et le modèle actuel du Big Bang qui l'a remplacée après la découverte en 1965 du fond cosmologique diffus. Il a expliqué que, pour comprendre l'origine de l'Univers, il faut associer la théorie de la relativité générale d'Einstein avec la théorie quantique, et considérer que le temps peut constituer une autre dimension de l'espace dans des conditions extrêmes. Cette théorie suppose que de petites fluctuations se sont produites, conduisant à la formation de galaxies, d'étoiles et d'autres structures de l'Univers. Cette hypothèse est appuyée par l'observation de petites irrégularités dans les micro-ondes cosmiques.

Si notre compréhension de la cosmologie a connu une évolution spectaculaire, il reste beaucoup à découvrir. Nous ne pouvons expliquer de manière satisfaisante pourquoi l'expansion de l'Univers s'accélère à nouveau, après un ralentissement. L'Univers va-t-il continuer à se dilater éternellement, ou va-t-il s'effondrer sur lui-même?

Les expériences du LHC pourront peut-être aider à répondre à ces questions. Lors d'un entretien avec Robert Aymar, Directeur général du CERN, Stephen Hawking l'a félicité, ainsi que l'ensemble du CERN, pour la réalisation du LHC. «Les deux prochaines années vont être passionnantes pour vous», a déclaré Stephen Hawking, qui avait visité les différents sites du LHC. À la question de savoir quelles sont les découvertes les plus importantes que pourrait réaliser le LHC, il a répondu: «Il y a trois possibilités: les superpartenaires, les trous noirs et le boson de Higgs». Selon lui, les superpartenaires et les trous noirs seraient les découvertes les plus intéressantes.

Les conférences sont disponibles sur le Web: