Un homme de confiance quitte le CERN



Ses conseils avisés, son sourire amusé et son propos distingué manqueront à beaucoup d'entre nous. Lui-même part avec un pincement au coeur: «le CERN a été une drogue», confie-t-il. Après 40 ans de maison, Jean-Daniel Mandica a pris sa retraite la semaine dernière. Jean-Daniel Mandica a été l'homme de confiance de tous les Directeurs de l'administration et Directeurs généraux durant 18 ans, entre 1986 à 2003. Responsable de la planification pour la Direction générale et le secteur de l'administration de 1986 à 1996, puis Chef des services de la Direction générale de 1996 à fin 2003, il a mené à ces postes des missions cruciales, comme la restructuration de l'administration ou la réalisation d'audits. Son implication dans la création du Microcosm et son engagement lors de participation du CERN à l'exposition universelle de Séville en 1992 ont largement contribué à la notoriété du Laboratoire. Sa connaissance incomparable de l'administration, son sens de la diplomatie, sa grande qualité d'écoute en ont fait un conseiller précieux. Avant de rejoindre l'étage de la Direction générale, nombre de Directeurs de l'administration passaient d'ailleurs quelques semaines à son étage, au 3e, afin de s'initier aux subtilités du fonctionnement du CERN! Jean-Daniel Mandica a toujours été apprécié pour ses arbitrages, sa capacité à mener des missions délicates, et sa grande discrétion.

Diplômé en économie de HEC Genève, Jean-Daniel Mandica est entré au CERN en 1966 au sein de la division des finances. De 1968 à 1971, alors que l'informatique est en pleine expansion dans le Laboratoire, il est chargé d'assurer l'interface entre les services des finances et les équipes informatiques développant les applications administratives. En 1972, il rejoint l'équipe de la programmation et accède en 1977 au poste de chef de projet. Ces responsabilités successives, du côté de la technique et du côté du «client», lui confèrent une expertise incomparable des systèmes de l'information administrative au CERN. «Il est encore le meilleur expert dans ce domaine», note l'un de ses anciens collaborateurs.

En 1985, il quitte l'informatique pour des fonctions d'administrateur avant de rejoindre, l'année suivante, le cabinet de Frans Heyn, Directeur de l'administration. Il conservera ses fonctions sous les mandats de cinq Directeurs de l'administration et quatre Directeurs généraux avant de devenir, début 2004, le conseiller du Secrétaire général.